Youth League : scouting d’amateur au Parc Astrid

Ce sont les vacances, le carnaval bat son plein à Binche. Les sabots des Gilles frappent les pavés, la bière ruisselle dans les rigoles et les oranges se cachent dans les sacs à main et les poches remplies de confettis du public. Pour Gillian et moi, pas question de Gilles. Gilles de Bilde tout au plus, car oui, nous nous sommes rendus au Parc Astrid pour assister au match de Youth League entre Anderlecht et Arsenal. Entre billetterie fermée, bière sans alcool et hamburgers, débriefing de cette soirée « scouting » entre supporters montois.

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 Anderlecht-Arsenal, une affiche qui fait rêver. Que ce soit chez les A ou chez les jeunes. Ce mardi là, nous nous préparons à assister à un duel entre deux équipes de jeunes très prometteuses. Anderlecht, demi-finaliste de l’édition 2016, entrainé par Nicolas Frutos d’un côté. De l’autre, Arsenal. Son académie, son budget impressionnant réduisant celui d’Anderlecht à des bouts de ficelles et des cailloux et surtout son coach : l’immense Thiery Henry. Même si le King d’Highbury n’est pas le coach principal des U19 d’Arsenal, il est quand même dans le staff. Il était aussi présent au Stade Constant Van Den Stock pour assister à ce match de barrage de la Youth League. Si vous sentez un peu de subjectivité dans mes mots, c’est normal. Et ouais, en plus d’être un irréductible supporter montois, je suis aussi fan d’Arsenal et ce depuis des années. D’ailleurs, mon joueur préféré, celui que j’admire le plus « all time » est Thierry Henry. Je n’ai pas de mots pour expliquer à quel point j’aime ce joueur. Son attitude, sa technique, sa vitesse, son intelligence, j’aime tout chez lui. Autant vous dire que sur la route pour Bruxelles, j’étais très excité, voir stressé à l’idée de rencontrer mon idole. J’allais vite redescendre sur terre.

« De ticketing is…Fini »

Les portes du métro s’ouvrent sur la station Saint-Guidon. Le blason d’Arsenal sur le cœur, l’écharpe de Mons déposée sur la nuque et les canettes de Leffe et de Flash en équilibre aux bouts de nos doigts, nous marchons les 500 mètres qui séparent le métro du stade. Arrivés sur place, nous allons acheter nos places. Ce match était gratuit pour les abonnés, 5€ pour les autres. Et nous le savons, le stade sera très loin d’être rempli. C’est pourquoi nous n’avons pas réservé nos places. Grave erreur. Arrivés devant la billetterie, on se fait gentiment virés : le club ne vend plus de places pour des raisons de sécurité. « C’est indiqué sur le site internet monsieur, la vente de ticket a pris fin hier soir ». Mouais, je vais donc vérifier cette info sur le site. Je ne l’ai jamais trouvée, peut-être que c’était écrit en tout petit en bas d’un article ou que sais-je. Bref, après quelques négociations ratées avec les Stewards, on a même essayé d’entrer par l’entrée des visiteurs, le gars de la sécurité est intransigeant : « De ticketing is…fini ». Ouais aussi fort en français que nous en néerlandais.

On décide finalement de faire la manche à l’entrée des invitations pour espérer choper deux places en trop. Après 1h30, nous sommes en possession de deux billets. Merci aux deux personnes qui nous ont aidé dans ce moment difficile. Nous entrons directement dans le stade puisque le coup d’envoi est imminent.

ArsAnd

Mais d’abord, direction le bar pour fêter ça ! « 2 bières s’il vous plait ! Ptain merde c’est de la sans alcool, Gi ! En cannettes en plus ! Naaaaaaaaaan ! 2,50€ dans mon c**… ». Autant vous dire que c’était notre seul arrêt au bar du match.

Belle assistance du public, Mangala assiste Vancamp

On ne s’attendait pas à autant de monde au Parc Astrid. Evidemment, les vacances scolaires aident. Les enfants, principalement les jeunes d’Anderlecht et leurs parents, remplissent notre tribune. Les deux tribunes latérales sont bien fournies, les gradins derrière les buts étant désertés mise à part le kop mauve en sous-effectif. Quelques gunners avaient pris place dans la tribune visiteur.

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La question est : y a-t-il de vrais anglais la dedans ?

Soyons honnêtes, je n’avais pas vraiment de favoris ce soir-la. Même si j’aime Arsenal, ce n’est qu’un match de jeunes et je serais ravi si Anderlecht reproduisait son exploit de l’année passée. Nous étions vraiment là pour découvrir. Découvrir une compétition que nous n’avions jamais vue « en vrai » mais surtout pour découvrir les nouvelles stars de demain, et ça c’est assez excitant.

Côté Anderlecht on savait quels joueurs surveiller : le défenseur et capitaine Wout Faes, déjà présent lors de la précédente campagne réussie d’Anderlecht, le gardien Mile Svilar, Dodi Lukebakio et Jorn Vancamp, le buteur de l’équipe.

Côté londonien, il fallait suivre Daniel Crowley, un ailier virevoltant, rapide et technique. Jeff Reine-Adelaïde, le seul joueur à avoir joué en équipe A sur la pelouse. Chris Willock, l’autre ailier des gunners mais surtout Krystian Bielik, un milieu défensif/défenseur polonais de 17 ans arrivé à Arsenal pour plus de 3 millions d’euros.

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Krystian Bielik, le jeune homme qui valait 3 millions d’euros

 

 

Dans ce match, Anderlecht prend rapidement les commandes grâce à Jorn Vancamp. Sur un centre magnifique de Mangala (aucun lien de parenté avec Eliaquim), Vancamp est oublié au deuxième poteau par l’ado qui valait 3 millions, Krystian Bielik. Jorn Vancamp ajuste son coup de tête, 1-0. Arsenal essaie de revenir, prend possession du ballon mais offensivement c’est le néant. Très peu de mouvement, Daniel Crowley essaie de tout faire tout seul mais la technique et la vitesse ne fait pas tout et ça, les mauves l’ont compris. Lukebakio avance côté droit ballon au pied, une-deux avec Bourard, passe tranchante pour Van Der Heyden qui remise en retrait pour Vancamp qui fusille Keto, le portier d’Arsenal. Tout ça en une touche de balle, tout simplement magnifique, 2-0 à la mi-temps.

 

 

La deuxième mi-temps continue comme la première. Crowley ne remonte même pas sur la pelouse, surement jugé trop individualiste. Arsenal continue de garder le ballon et montre à tous les jeunes présents dans la tribune ce qu’est une possession stérile. Lorsque les gunners arrivent près de la surface, il n’y a plus d’idées, on tente de dribbler et on s’heurte au colosse Wout Faes. En fait, les actions les plus dangereuses viennent de phases arrêtées. Etonnant quand on connaît le jeu de l’équipe A d’Arsenal. Jeff Reine-Adelaide semble se foutre de ce match, beaucoup de perte de balle, très peu d’impact physique. Le français ne sort pas du lot malgré ses sélections avec l’équipe première d’Arsenal.

En gros, il y a énormément d’individualités à Arsenal, on sent le talent des joueurs, techniquement c’est assez impressionnant mais collectivement, les hommes de Thierry Henry étaient à des années lumières des mauves. Des mauves aussi dotés d’individualités mais qui jouaient ensemble au football, il n’y a qu’à voir leur deuxième but. Vancamp a rempli un rôle d’ingrat pendant 45 minutes, tout seul devant, il a pressé tout le match sans broncher. Tandis que côté Arsenal, on râle, on frappe dans les panneaux publicitaires à chaque perte de balle. Bref, il n’y a pas eu photo dans ce match, et on est ravi de voir cette équipe d’Anderlecht continuer l’aventure en Youth League. Prochain match le 23 février prochain.

En quête de star et de nourriture

 

Nous restons jusqu’à ce qu’on nous dise de quitter la tribune, histoire d’applaudir les joueurs, prendre quelques photos et profiter à fond de nos tickets durement gagnés. Ensuite, nous attendons près des cars pour espérer rencontrer des mecs plus jeunes que nous mais aussi et surtout Thierry Henry. 5 minutes d’attente. Un steward vient nous voir : « vous attendez quelqu’un ? – Oui les joueurs. – Ok attendez là ». 5 minutes plus tard un autre Steward vient « vous attendez quelqu’un ? », même réponse. Rebelotte 5 minutes plus tard « Vous allez rester ici longtemps ? Parce qu’après les joueurs vont au resto donc ça va durer longtemps ». T’avais pas envie de dire ça plus tôt ? Ca caille à Bruxelles et en plus on a faim.

 

C’est donc les mains et le ventre vides que l’on quitte l’enceinte du stade Constant Van Den Stock. On se console avec un, désormais célèbre, hamburger andalouse avec oignons en se rendant vers le métro. Nous n’avons pas rencontré les stars que nous imaginions ? Pas grave, vu ce qu’ils ont montré aujourd’hui, nous aurons d’autres occasions de les revoir dans quelques années en équipe première.

Jacob Hemptinne

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